Grandir encore de 42.2 !

October 26, 2017

Jour 4 post-marathon à Toronto. Jamais je n’ai vécu pareil feeling les jours suivants. En fait courir pendant 5 heures est un long voyage au centre de soi-même, chaque marathon me pousse toujours  en grande introspection celui-ci n’y a pas fait exception, toute une thérapie je vous dis

Un ami précieux que j’aime beaucoup, Mononk Pat m’avait écrit ceci le jour de mon départ en train : Bon 7ieme marathon si je ne me trompe pas. Je suis sur que tu vas tomber sur un bon chocolat 🎁Have fun Mamie !

 

Mononk Pat avait écrit, en octobre dernier, dans son blog post-Toronto que les marathons sont aussi comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur lequel on va tomber.

Je peux vous dire que j’en ai goûté plusieurs le long de ce parcours de 42.2KM. Certains amers, d’autres simplement surprenants heureusement le dernier était non seulement délicieux il goûtait le ciel. Tsé le summum du summum je l’ai goûté dans les 2 derniers kilomètres. Ce matin encore si je ferme les yeux tout me revient, la douceur, le goût sublime d’un dessert divin. Parmi une cinquantaine de médailles seule, celle de Paris ornait mon salon. Depuis lundi cependant,celle de Toronto est juste à ses côtés, bien en vue. L'arche du finish-line n'a jamais autant brillé à  mes yeuxque ce dimanche.

 

Je dis souvent que chaque course a son histoire et nous en sommes l’auteur.  Moi j’aime les histoires qui finissent bien. Que le livre contienne 45 pages ou 359 pages le contenu est ce qui me permet d’être l’héroïne de ma course, de mon histoire, de ma vie, je me l'approprie.

 

15 ans post-diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde sévère j'ai réalisé à la ligne de départ que  j’allais réussir mon 7ième marathon à Toronto. Oui réussir,je le savais déjà car jamais je ne prends un départ avec des doutes depuis que je cours au Pace du Bonheur. NON car abandonner n’est pas une option mais s’abandonner est la solution et je sais maintenant que RÉUSSIR ne veut pas dire performer, mais bien, atteindre, parvenir et arriver. J’arriverai quand J’arriverai #THATSIT. Quand on n’a pas d’attentes de chrono on est déjà plus léger dans les premières foulées. Les attentes créent trop souvent des déceptions et on n’a tellement pas à se taper dans le front pour quelques minutes supplémentaires mais bien se taper dans les mains de franchir l’ultime distance .#ididitthatsit

 

Nouveau parcours pour moi, j'étais tombée en amour avec la ville dès ma sortie de la gare l’avant-veille de la course. WOW ! Lors de mon jogging du samedi matin, de plus  j’avais découvert de superbes endroits, j'étais fébrile et on annonçait du beau soleil le lendemain.

Ce fût, cependant le plus difficile de tous mes marathons. Faut pas se le cacher jamais je n’avais pris un départ de full avec un body si fragilisé, mais je savais que je ferais avec. Je suis habituée de courir au feeling tête-body , j’ai par contre du négocier plus que je pensais. Je suis habituée de vivre avec la douleur, tsé après 15 ans on apprivoise. C’est juste que la gestion de la douleur gobe tellement d’énergie, faut s’écouter. En fait, le bonheur doit devenir plus grand que la douleur. Interdit de faire la sourde oreille si on veut réussir. Oui j'avais MAL .. Mal parce que j'étais en train de grandir, et je sais aussi que le bien-être, l’allégresse, la satisfaction, la sérénité est le plus doux des massages post-marathon.

 

J’avais une compagne de course extraordinaire,Johanne, quel bonheur ces jasettes de tout et de rien pour oublier que c’est pas si facile aujourd’hui. Nous avons formé un beau duo instantanément. De plus j’avais chirrrrrrrrrri sur le premier demi, ainsi que deux supporteurs précieux à mon cœur.  Car faut pas se leurrer ce n’est pas rien franchir 42.2KM. Un let’s Go, un sourire, des binettes qu’on aime au passage ça fait une grande différence. MERCI tellement  à mes trois mousquetaires

 

Je n’étais juste pas préparée au désillusionnement Ahhhhhhhhh ces citrons d’attentes. Non  je n ’en avais, pas sur mon objectif, oh que non, mais sur la beauté parcours, mes attentes étaient grandioses. Je croyais courir beaucoup plus sur le bord de l’eau et down town. Moi qui visualise toujours mon trajet, je m’étais gardé la surprise cette fois-ci. (fail, plus jamais )  On a fait plus ou moins 15 KM dans un quartier industriel (du 22 au 37 si ma mémoire est bonne).C'était pas prévu, toi mon coquin !  C’est là que j’ai compris que ma force n’est tellement pas physique, mais bien MENTALE.   Car j’avais encore en réserve mes ti-cris de la joie. Mon enthousiasme d’être à la fête est toujours omniprésent les jours de course. Une fois de plus c’est mon attitude, qui m’a fait avancer.

La légèreté au cœur, qui la transporte aux foulées. J’ai dansé, ça avance moins vite de gauche à droite #OUINPIS, j’ai tenté de remercier tous les bénévoles bon j’parle pas super bien l’anglais #OUINPIS le langage du bonheur est universel. J’envoyais des becs aux photographes, les gens me trouvaient un peu bizarre #OUINPIS. Je me suis rappelé pourquoi je cours. Avant je courais CONTRE. Contre le pronostic, contre le stress, contre l’anxiété, c’est parfois lourd à porter. Maintenant je cours POUR. Pour moi, mon plaisir, mon bonheur, ma fierté, ma réussite personnelle c’est tellement plus léger. Celui qui a écrit que c’est notre attitude qui décide notre altitude a tout compris, maintenant moi aussi.Je suis en mode Bonheur, malgré la grande  fragilité de mes articulations, car je suis en train de réaliser ce que peu de gens auront la chance d’accomplir une fois dans leur vie: un marathon et me voilà, MOI à finaliser  mon 7ième !.

 

Voilà le Pace du Bonheur, courir LIBRE, pour soi, LIBRE D’ÊTRE SOI. Sans stress, sans complexe. Courir non pas pour passer à l’histoire mais courir pour changer son histoire. A partir du moment où je me suis recentrée sur la certitude profonde d’être au bon endroit au bon moment, tout est devenu plus facile. Bon body en arrachait solide, on s’est ajustés tous les deux au lieu d’être déçue je me suis dit que la fête allait durer plus longtemps, simplement. TOUT EST QUESTION DE PERCEPTION. Cesser de s’imposer un temps est pour moi s’offrir la liberté. Car dans le dictionnaire dans la définition du mot marathon, les seuls chiffres, soit 42.2 et font références à une distance #THATSIT. La médaille est la même pour tout le monde, nous sommes les seuls à en connaître sa réelle valeur.

 

Ma récupération est plus longue cette fois-ci #OUINPIS j’en profite pour faire la princesse. Il est trop tôt pour savoir si je récidiverai l’ultime distance en 2018. Lucky 7 est un beau chiffre quand même, mais en même temps je sais tellement qu’au pace du Bonheur ce qui nous semble parfois inaccessible devient soudainement accessible juste en changeant sa perception.

L'état d'esprit dans lequel je choisis d'être lorsque je cours c'est ce qui m'emmène dans mon monde merveilleux où le temps n'existe pas, seul le bonheur prime. Pour moi, le temps ne compte plus, en fait, je ne veux plus qu'il se définisse ni qu'il se mesure. Il arrête simplement et n’appartient qu’à moi. C'est moi le grand chef d'orchestre pour quelques heures.

 

Courir c'est grandir  et je ne veux pas arrêter de grandir. Ce dernier marathon m’a fait réaliser l'énorme résilience que j'ai dorénavant sur ce que je ne suis plus, mais surtout l'immense gratitude que je ressens envers celle que je m'efforce de devenir un pas à la fois droit devant jusqu'au bout, à la course et dans ma vie.

 

Bon finalement, où et quand le prochain ?

 

 

 

 

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