Avoir le coeur d'un Finisher

April 20, 2017

Je n’ai pas le corps d’un coureur, mais j’ai le cœur d’un "finisher"

 

Avant de courir au Pace du Bonheur, le matin sur la ligne du départ du 42.2Km, j’avais des attentes, des angoisses et des appréhensions. Maintenant j’ai des gros frissons, des p’tits bouillons et des grandes émotions. Jamais je n’aurais cru que la résilience m’aurait donné autant d’assurance.

 

Je m’offre un marathon complet par année. Cette année ce sera mon 7ième et j’ai choisi un nouveau parcours, un nouveau frisson je suis inscrite au Marathon de Toronto en octobre.  Mon Corps a été énormément fragilisé dans la dernière année. La polyarthrite rhumatoïde se manifeste toujours grandement en situation de stress et depuis le décès de mon Dad, les douleurs sont presque toujours omniprésentes et légèrement plus grandes. Est-ce que cela me fait peur? Non, je m’ajuste. J’ai toujours dit que la maladie ne m’empêcherait pas de faire les choses, je dois simplement apprendre à les faire différemment.

 

Voilà donc que j’ai débuté mon plan la semaine dernière. J’ai toujours eu un plan sur 12 semaines, celui-ci exceptionnellement sera de 24 semaines. Au début je disais que j’étirais la sauce ! Tsé j’ai quand même un petit côté rebelle, faut prendre le temps d’avaler la pilule. Ce matin je me suis dit plutôt qu’en rallongeant mon plan je respectais mon corps et ça c’est payant. Le Pace du Bonheur c’est apprendre à faire équipe tête-body et trouver le juste équilibre entre se dépasser et se respecter. Je vous entends murmurer : Facile à dire. Oui Facile à dire mais plus difficile à faire. Je suis dans ma troisième année de travail assidu, ça s’apprend je l’ai fait, mais un pas à la fois.

 

C’est fou de constater ce que j’ai perdu. Mais j’ai beaucoup de résilience sur celle que je ne suis plus mais j’ai aussi beaucoup de gratitude sur ce que je suis devenue. J’ai perdu en force et résistance physique mais j’ai tant gagné en dureté du mental, assurance et persévérance. Ce sont mes plus grandes richesses et selon moi les ingrédients plus que nécessaires pour franchir la distance du 42.2 KM. Voilà pourquoi je ne doute pas. Je me laisse de la latitude, je prends le temps le matin d’être à l’écoute de mon corps pour savoir ce qu’il peut me donner aujourd’hui et c’est ce que je prends. J’ai un plan oui et en training marathon c’est plus que nécessaire. Je m’en sers pour savoir où je devrais être rendus en longue distance simplement. C’est body qui décide de la journée de la longue distance pas le plan et Body a toujours raison. Notre cerveau est un grand chef d’orchestre quand le corps devrait vaciller, il prend le contrôle pour éviter les fausses notes.

 

Les dernières années, abandonner n’a jamais été une option, mais M’ABANDONNER a été la solution. Un des nombreux synonymes d’abandon est « liberté » voilà ce que mon abandon m’a procuré LA LIBERTÉ et ça goûte vraiment bon.

Je ne connais pas le chiffre exact, mais c’est environ 1.9% de gens qui dans leur vie réussiront un marathon, seulement 1.9%. C' est pas beaucoup. Quelle belle raison de s’abandonner au moment présent, prendre le temps de réaliser ce qui se passe dans notre tête, notre cœur et notre corps. Quel grand moment merveilleux, historique se déroule et nous en sommes l’acteur principal.

 

Le Pace du Bonheur est bien au-delà d’une cadence de course c’est devenu pour moi un mode de vie. En changeant ma PERCEPTION de coureuse, j’ai changé aussi ma perception de victoire et j’ai compris que dans mes courses ou dans mes projets de vie si je termine ce que je commence je suis une gagnante. Cette année au fil d'arrivée je vais lever, sans gêne, HAUT ET FORT les bras dans les airs, ce ne sera pas seulement mon 7ième marathon que je vais célébrer. Ce sera la célébration de la vie, de la foi en moi, de ma victoire sur le pronoctic. Cette année je célèbre la Nouvelle Nathalie, 15 ans plus tard. Déjà 15 ans, ce fameux jour du diagnostic de polyarthrite rhumatoîde sévère. La maladie ne m'a pas paralysé, elle me fait grandir,tous les jours elle me fait courir et grandir.

 

Sur mon frigo, une photo du finish line de Toronto. Ai-je peur de ne pas le franchir? Oh. Non. Je connais la recette, un pas à la fois, droit devant et jusqu'au bout. Et dorénavant je me dis: J'arriverai quand j'arriverai, je franchirai MON fil, fière comme un paon, million heureuse et surtout énormément reconnaissante de pouvoir encore écrire une autre belle page de MON histoire

 

Je n’ai pas le corps d’un coureur, mais j’ai le cœur d’un « finisher » and  that’s all I need.

 

 

 

 

 

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